DIMANCHE 13 SEPTEMBRE - SAINT SULPICE

ZAC les Portes du Tarn

Où en sommes-nous ?

M. Carcenac, Président du Conseil départemental, et M. Bonhomme, Président de la Communauté de Communes Tarn Agout, porteurs du projet ZAC (Zone d'Aménagement Concerté) « Les Portes du Tarn» gardent le cap, avec de simples ajustements à la marge…

La ZAC, c'est : 213 ha et 87Millions € ; un compromis de vente avec Vinovalie et un protocole de réservation avec l'entreprise CIMV ; 80% (170 ha) des acquisitions foncières réalisées ; des travaux engagés : 1ière phase = échangeur, voie départementale et pont de franchissement des voies ferrées, 2ième phase = aménagement des voies de dessertes au sud de l’autoroute (Vinovalie, aire de service) ; le projet de fret ferroviaire (Egénie) gelé (pourquoi et jusqu'à quand ?) ; un 2ièmepont « communal » abandonné ; une puissante stratégie de communication et de valorisation du projet.



Combien ce projet va-t-il nous coûter ?



Le projet est chiffré à 87 000 000 €, financés à 60% par le département du Tarn et 40% par la Communauté deCommunes Tarn Agout. Nous savons tous que les projets de ce type voient leurs budgets exploser lors de leurs réalisations, c’est donc un chiffre a minima qui nous est annoncé.

Chaque ménage de Saint-Sulpice contribuera donc à ce projet à hauteur de 4000 € en moyenne, si les coûts ne s’envolent pas ! (calcul basé sur les données Institut National de la Statistique et des Études Économiques de 2012).

 

La promesse d’un avenir économique radieux ?


Les porteurs de projet nous font miroiter des chiffres d'emplois impressionnants, mais ils ne peuvent en aucun cas faire des prévisions fiables à 25 ans, tout au plus des projections fumeuses.

Ils prévoyaient l’installation d’industries de pointe et d’envergure nationale et internationale : AIRBUS, laboratoires Pierre FABRE, etc…et ainsi la création de plus de 2000 emplois.

Mais ni AIRBUS, ni les laboratoires Pierre FABRE n’ont manifesté leur intention d’intégrer la ZAC.

Pour l’instant, la seule entreprise qui va s’implanter, c'est Vinovalie : soit une dizaine d'emplois nets annoncés et une centaine d’emplois de Brens, Fronton, Parnac, (….) qui seront déplacés vers Saint-Sulpice. Ce seront autant de familles déstructurées par la mobilité géographique imposée aux salariés et des problèmes budgétaires pour St Sulpice pour mettre en place les services nécessaires à cet accroissement démographique!

La création de surfaces commerciales aux Portes du Tarn détruira de l’emploi dans les commerces de proximité en centres bourgs ;


Et oui, il y aura de l'emploi pour le BTP (constructions d’infrastructures, échangeur autoroutier, pont et routes), et après ? Les lobbies du béton et les pétroliers peuvent se frotter les mains…



La ZAC validée démocratiquement ?



12 mars 2015 : les accords de partenariat sont signésentre M. Carcenac, M. Bonhomme CCTA et Mme Rondi-Sarrat, Maire de Saint-Sulpice, accords peu ambitieux pour améliorer  le projet initial et non prescriptifs (ces accords n'ont pas été mis au vote en conseil municipal de St Sulpice). Sur la concertation citoyenne, malgré les promesses électorales, rien n'a été fait.La démocratie participative est devenue une simple posture électorale ! Mme Rondi-Sarrat,même majorité que M. Carcenac, initiateur de la ZAC, au Conseil départemental, s’est ralliée au projet, en contradiction avec ses engagements de campagne et ses actions de début de mandat.



La ZAC modèle d'économie verte ?



Les belles paroles ne masquent pas la triste réalité : la ZAC c'est une consommation foncière hors norme (une emprise de 213 ha sur des terres agricoles) ; une dérogation à la directive espèces protégées, un projet d' activité maraîchère qui n'est que chimérique et des cahiers des charges peu  contraignants en matière environnementale.

Notre contre projet

  • Dissocier le contournement routier de la ZAC ;

  • Réduction du périmètre = limitation de la consommation foncière et maîtrise de l’endettement des collectivités ;

  • Installation Terminale Embranchée(installation permettant le transport ferroviaire) maintenue et déplacée au sud de la zone ;

  • Éloignement des infrastructures de plus de 100m des habitations existantes et à venir ;

  • Retour des terrains acquis à leur vocation agricole en cas de retard ou de non accomplissement partiel du projet.

  • Mettre en œuvre un autre mode de développement au service des habitants du territoire :soutien aux TPE PME, aux commerces de proximité, aux productions locales, à l’Économie Sociale et Solidaire en vue de créer des emplois pérennes et non délocalisables ;

  • Densifier les Zones d'Activités existantes (il reste 24 ha à commercialiser dans la zone des Cadaux à St Sulpice!)

  • Favoriser les emplois liés à la transition énergétique et mettre en place un organisme de formation dédié ;

  • Développer un projet « maraîchage » digne de ce nom, projet jugé viable par la Chambre d'Agriculture du Tarn;

  • Renforcer la coopération entre les territoires ;

  • Mettre en place une réelle concertation avec les habitants et les associations.

Quand on se penche sur la situation des ZAC en France, à moitié remplies, et compte tenu de la crise sociale et environnementale, on comprend qu'on ne peut plus se fier à des promesses sans fondements et qu'il est temps de changer de mode de raisonnement.

Nous souhaitons de vrais engagements crédibles !



Des militants d'EE LV, du PG et des citoyens engagés.


Ne pas jeter sur la voie publique, merci

Contact : 05 63 41 61 57

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Lettre ouverte aux 43 conseillers généraux du Tarn qui ont soutenu le barrage de Sivens : Mesdames et Messieurs, sortez de votre silence, retrouvez votre dignité d'élus

Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux du Tarn

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, un jeune homme de 21 ans a été tué sur le site du barrage de Sivens. Cette mort n'est pas seulement tragique. Elle n'est pas seulement insupportable et révoltante. Elle nous oblige, tous et elle vous oblige plus que les autres, en tant que représentants de la collectivité ayant en charge la mise en œuvre de ce projet.

 

La mort de Rémi Fraisse vous oblige à réfléchir à ce qui a pu conduire vers un tel drame. Vous avez suivi dans la presse locale la dégradation progressive du climat sur le site. Vous avez vu comment les opérations de déboisement ont entraîné une montée en puissance des violences. Vous avez écouté, à défaut de les entendre, les interpellations de vos collègues élus départementaux ou régionaux, ainsi que les alertes lancées par les responsables de collectifs citoyens opposés au barrage, sur le caractère explosif de la situation, et sur les risques inhérents à la confrontation répétée entre opposants au projet et forces de l'ordre. Vous aviez pourtant en main tous les éléments pour prendre la mesure de ce qui se passait. Vous avez voulu agir comme si cette histoire ne vous concernait pas. Depuis ce week-end, la réalité de la mort d'un homme est venue, de plein fouet, vous rappeler que ce qui se passe à Sivens vous concerne au premier chef.

 

Mesdames et Messieurs les élus départementaux, par votre vote, vous avez soutenu le lancement des travaux avant que les recours n'aient été instruits, précipité le déboisement afin de ne surtout pas perdre les subventions européennes sollicitées, tenté d’empêcher tout retour en arrière par la politique du fait accompli, refusé aux collectifs d'opposants le débat démocratique que ces derniers réclamaient depuis au moins deux ans.

 

Mesdames et Messieurs les élus, vous avez lu le rapport des deux ingénieurs mandatés par Ségolène Royal pour rendre un avis indépendant sur ce barrage. Vous avez découvert les fortes critiques adressées à un projet « médiocre », « surdimensionné », au nombre de bénéficiaires « surévalué », à l'étude d'impact clairement « insuffisante ». Nicolas Forrey et Pierre Rathouis s'interrogent sur un point qui mérite toute votre attention. « Ce qui nous a le plus chagriné est le fait qu’on est rentré dans une logique barrage dont on n’est pas sortis, c’est un peu dommage ». « Il y avait d’autres possibilités qu’un barrage, elles n’étaient pas plus onéreuses ou correspondaient aux enseignements de leur expérience professionnelle. L’une de ces possibilités était la création de retenues latérales en lieu et place d’un barrage classique ». Ils concluent : «  Nous avons fait un certain nombre de critiques sur ce projet et nous nous sommes demandés pourquoi un certain nombre de personnes ne les ont pas faites avant nous ».

 

De fait, vous ne pouvez pas ignorer que les réserves émises par ces deux ingénieurs sont un copier-coller des positions défendues depuis de longs mois par les collectifs citoyens opposés au barrage. Ce que se demandent à mots couverts les deux experts du ministère de l'écologie, c'est pourquoi seuls trois d'entre vous, Messieurs Entraygues, Foissac et Pagès ont osé critiquer en séance publique le projet. Est-ce à dire qu'eux seuls ont étudié le dossier? Est-ce à dire qu'eux seuls se sont posé des questions? Est-ce à dire que pour rentrer au Conseil Général, que ce soit dans la majorité ou dans l'opposition, il faut abolir tout sens critique, tout libre arbitre, sous peine de ne pas être reconduit dans ses fonctions?

 

 

Mesdames et Messieurs les élus, ce constat est accablant. Mais il ne saurait être la fin de la triste histoire du barrage de Sivens. Vendredi, en séance plénière, puisque l'Etat considère que vous êtes les seuls responsables de ce projet, vous allez débattre de son avenir. Vous vous devez de revenir sur votre précédent vote et d’exiger un moratoire suffisamment long pour permettre de trouver la meilleure solution pour régler les problèmes d’eau d’une façon globale sur le bassin. Votre vote permettra au président Carcenac de se sortir de l’impasse dans laquelle il s’est mis. Cela entraînera peut-être sa démission mais c’est un bien faible enjeu en regard de la nécessité de l’arrêt immédiat des violences que le passage en force dans ce dossier a généré. Un élu le doigt sur la couture du pantalon ne sert à rien et 3 de vos collègues vous ont montré un chemin nécessaire et courageux.

 

 

Dans une époque où la confiance dans nos représentants politiques est toujours plus atténuée, il est temps de redonner du sens à votre action, en disant clairement que le projet de barrage de Sivens est un mauvais projet en l’état et qu’un moratoire doit être prononcé.

RÉUNION AVEC LES COMMISSAIRES ENQUÊTEURS SUR LE PROJET DES PORTES DU TARN

Plusieurs membres de notre groupe ont rencontré pendant plus d'une heure les commissaires enquêteurs.

Les échanges ont été vifs et très intéressants et nous leur avons remis un texte reprenant nos positions sur ce projet.

Lundi 21 octobre 2013

 

ARGUMENTAIRE POUR UNE REMISE EN CAUSE DU PROJET DES PORTES DU TARN :

 

l'argument « Terre »

 

Anticiper un développement souhaitable de notre territoire pour les prochaines décennies est une ambition périlleuse mais essentielle. Le Conseil Général du Tarn et la Communauté de Communes Tarn Agout, sous la houlette de leurs présidents respectifs, M. Carcenac et M. Esparbié, se sont engagés dans un projet certes ambitieux mais avant tout inapproprié.

Envisager l’avenir ne consiste pas à suivre les pentes du passé.

Nous sommes convaincus que la crise environnementale nous oblige à repenser en urgence nos modes de vie, que nous devons rapidement raisonner « sobriété » et comprendre que les terres agricoles sont des richesses qu’il nous faut préserver pour les générations futures.

Pour ces raisons, ce projet de ZAC des portes du Tarn est pour nous un enjeu à proprement politique. Qui plus est, l’opacité des procédures utilisées nous conduit à réclamer plus de transparence et de participation citoyenne.

Le document ci dessous apporte des précisons sur l'analyse critique que nous faisons de ce dossier.

 

DES PROCEDURES INSATISFAISANTES

 

« Nous voulons être irréprochables ». Ce leitmotiv a été régulièrement exposé par les porteurs de ce projet. De notre point vue, les reproches ne manquent pas.

1. Il n'y a pas eu d'étude préalable. Ce projet est parti sur une intuition qui n'a pas été soumise à une analyse critique. Il y a 3 ans nous avons demandé à consulter le dossier de cette étude préalable, nous avons renouvelé à plusieurs reprises cette demande. Aucune réponse.

2. La consultation du public a été tronquée. Il y a eu trois réunions publiques (Buzet et Saint- Sulpice) en 2010-2011 et puis plus rien. Pourtant depuis le projet a été remanié mais personne ne l'a su. Nous ne comptons plus le nombre de demandes que nous avons formulées pour réclamer un débat public ouvert à l'ensemble des habitants de la CCTA. Nous n'avons eu que des promesses à chaque fois démenties par les faits. La dernière en date : « il y aura un débat avant fin juillet 2013 » dixit M. Esparblé. Nous regrettons que la SPLA81 n’ait pas engagé une véritable concertation. Nous regrettons cette manière de faire de la politique « à l’ancienne », où l’on reste dans la légalité, mais où l'on esquive les difficultés pour avancer coûte que coûte, indifférent à l’adhésion du public. La lettre de la Charte de la Participation du Conseil Général nous semble à cet égard peu respectée.

3. Le PLU de Saint-Sulpice a fait l'objet d'une expertise commanditée par la préfecture du Tarn. Les conclusions sur la partie consacrée au projet de ZAC sont on ne peut plus claires : ce dossier ZAC n'est pas acceptable en l'état d'où « des réserves impératives » sur la ZAC. Quelle réaction de la part des porteurs de projet ? Aucune.

4. Les incohérences du SCoT : le schéma de cohérence territoriale (SCoT) est déconnecté du projet de la ZAC. En toute logique le SCoT devrait être un préalable. Ici, le projet de ZAC avance en toute autonomie, nous pensons même que ce projet de ZAC va à l'encontre d'un développement équilibré que devrait coordonner le SCoT.

5. L’enquête publique ZAC PDT est annoncée du 22/10/13 au 22/11/13. A l’enquête publique, doit être jointe la Déclaration d’Utilité Publique, qui aboutira à l’ouverture à l’urbanisation. Mais en l’absence de SCoT applicable, pas d’ouverture à l’urbanisation. Pour contourner le problème et continuer d’avancer la procédure de réalisation de la ZAC, les élus communautaires ont émis, sans « état d’âme » un avis favorable à la demande de dérogation pour l’ouverture à l’urbanisation (un contre, une abstention).

 

Alternatives :

La participation citoyenne : organiser un temps de concertation avant d'engager des études et tout au long de l’avancement du projet, c'est-à-dire prendre en compte l’avis du public.

Renforcer les contre pouvoirs : solliciter des analyses contradictoires en faisant appel au tissu associatif.

 

 DES A PRIORI DISCUTABLES

 

« La maison brûle, mais nous regardons ailleurs » : les présupposés qui structurent ce projets sont ceux qui ont guidés les politiques de l'après guerre. Nous avons changé d'ère, ces vieilles recettes ne sont plus adaptées.

1. Pour dynamiser la création d'emplois il faudrait dérouler du bitume à travers le paysage. Notre territoire serait-il si mal desservi par les infrastructures routières que son développement en serait impossible ? Qu'il nous soit permis d'en douter. La commune de Saint-Sulpice est-elle à ce point atypique qu'il ne lui faudrait pas moins de 3 échangeurs et 3 ponts au-dessus de la voie ferrée ? Cette situation ubuesque devrait ravir les rédacteurs en chef d'émissions télévisées consacrées à la gabegie des dépenses publiques.

2. Pour créer de l'emploi il faut créer une zone d'activités. Cette idée est tellement répandue que les zones d'activités sont inaugurées un peu partout. Résultat, les entreprises changent de zones … Un inventaire des places réellement vides dans les zones avoisinantes montrerait la concurrence qui existe entre ces territoires.

3. Pas de développement sans augmentation du trafic routier. Tant pis si cela augmente la production de gaz à effet de serre ! Nous avons demandé que soit évalué le coût carbone de ce projet de ZAC, nous attendons toujours une réponse. Face à la réponse satisfaisante de l'Autorité environnementale  nous souhaitons que les chiffres liés à l'impact en terme de trafic routier puissent être discutés.

4. Les portes du Tarn doivent profiter de la proximité de l'aire toulousaine. Pour attirer l'activité aéronautique et logistique il faut de grands espaces. Pour créer une dynamique il faut avoir de l'ambition. Ces projets pharaoniques font peut-être illusion un temps mais petit à petit la réalité émerge : aucune grande entreprise ne s'est engagée.

 

Alternatives :

Partir des besoins : identifier les besoins collectifs tel qu'ils existent sur ce territoire et partir de ce constat pour construire une stratégie d'action publique. Nourrir avec ampleur les collectivités locales est l'enjeu des décennies à venir.

Développer une cohérence entre les entreprises présentes dans une zone : regrouper des entreprises œuvrant dans une même filière de production permet de dégager des synergies profitables à tous. A l'heure où les Zones d'activité ont du mal à se pérenniser, il est nécessaire de réfléchir à leur spécialisation, à leur identité en terme de logique de territoire.

Exemple : l'approvisionnement des restaurations collectives (dont les cantines scolaires) en produits maraîchers bio.

 

LA QUESTION FONCIERE

 

«  Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos petits enfants ». Cette maxime de base du développement durable n'a visiblement pas été intégrée par les porteurs de ce projet.

1. M. Carcenac, dans le Tarn Libre du 20/09/13 dit que « la future zone d’activité sera axée sur le développement durable et l’agriculture ». Une lecture étonnante du projet ! La ZAC PDT en l’état, c’est 198ha pris sur des terres agricoles, 61% d’industrie, dont 27ha de logistique et 18ha d’embranché-fer, 33 000 véhicules/ jour, dont 1334 poids lourds (étude impact juil. 2011).

2. La zone envisagée pour implanter cette ZAC a fait l'objet de coûteux réaménagements fonciers pour faciliter l'activité agricole. Des subventions européennes et régionales ont été mobilisées pour financer ces travaux de remembrement et de création de réseaux collectifs d'irrigation. Les finances publiques seraient de nouveau injectées pour défaire ces aménagements pourtant pleinement opérationnels !

3. Réduire la consommation foncière est une priorité nationale que les services de la préfecture surveillent attentivement, et qui est relayée dans le SCOT du Vaurais. En prélevant ces 198ha, le projet de ZAC déroge à ce principe de sobriété. Comment cette situation pourrait être validée ? Faut il s'attendre à une pression exacerbée sur tous les autres projets territoriaux au point de les rendre impossibles ?

Ce projet est également en contradiction avec le Programme triennal (2013-2015) de soutien à l’agriculture du Conseil Général : « les enjeux du futur programme visent à freiner la perte des emplois et la diminution des terres agricoles »

 

Alternatives :

Conforter la vocation agricole de ce territoire en dynamisant des projets qui soient plus exigeants en main d’œuvre et qui valorisent des productions de qualité.

Pour limiter la consommation foncière, il est demandé aux communes de densifier leurs programmes d'urbanisation. Pourquoi n'y aurait-il pas des contraintes similaires pour l'occupation du sol par les entreprises ? L'image proposée par « Mutabilis paysage » pour simuler la situation de cette zone à 20 ans montre que la densification n'est pas une perspective recherchée.

 

LA GESTION DE L'EAU

 

Comme le foncier, l'eau est un élément essentiel de notre patrimoine naturel. La qualité de cette eau sera primordiale au cours des prochaines années. Pourtant ce point apparaît comme le parent pauvre et sous évalué de l'élaboration de ce projet.

1. Les études hydrauliques rédigées pour ce projet de ZAC sont systématiquement pointées pour leurs insuffisances. Les calculs prévisionnels occultent les extrêmes des statistiques de pluviométrie alors que la faible perméabilité du terrain peut conduire assez facilement à des saturations superficielles. Cette faute signalée dans les rapports officiels est d'autant plus discréditante que les climatologues évoquent de façon récurrente une augmentation des fréquences de ces situations extrêmes.

2. L'approvisionnement en eau de la zone est complexe à cerner. Nous apprenons que le syndicat des eaux de la montagne noire prévoit d'importants investissements pour augmenter sa capacité de distribution en eau potable et que ce projet inclut la ville de Saint-Sulpice. Mais il ne faudrait pas croire que ces travaux soient en quelconque relation avec le projet de ZAC et donc il ne faudrait pas intégrer ces dépenses aux coûts d'aménagement de cette zone... Candides, nous sommes de grands candides !

3. La gestion des rejets d'eaux usées est tout aussi nébuleuse. La STEP nouvellement redimensionnée serait sollicitée mais là encore, le coût de cet aménagement semble oublié dans la présentation de ce projet. Il est probable que les saint sulpiciens ne seront pas oubliés pour financer ce surdimensionnement.

4. La zone humide naturelle située au cœur de la ZAC serait compensée. C'est une obligation administrative. Concrètement, quelle zone sera choisie, quels aménagements seront effectués pour donner du crédit à cette notion de compensation ?

 

 

LES ACTIVITES IMAGINAIRES

 

Qui viendra sur cette éventuelle zone ? A lire les différents documents produits sous l'autorité de la SPLA 81, on s'y perd : la vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain.

1. Au sud de l'autoroute :

une aire de service : avec ou sans pompes à essence ?

Un espace de promotion des produits régionaux : avec ou sans point de vente ?

Des serres : avec ou sans chauffage géothermique ?

1. Un espace réservé au tertiaire. Quelle activité ? Avec ou sans structure de formation (le ratio surface – emploi n'est pas le même)

2. L'activité industrielle : l'aéronautique est souvent cité mais jamais concrétisé. Une certitude Airbus ne viendra pas à Saint-Sulpice même si la rumeur a été diffusée. Le secteur électronique : faut-il croire en un projet d'assemblage de composants ? L'industrie cosmétique : la rumeur d'une installation d'une unité du groupe Pierre Fabre a été souvent évoquée mais jamais concrétisé ? La filière graphique ? L'expérience de l'entreprise Sud Graphie rotative n'est pas des plus efficace pour parler de création d'emplois...

3. L'embranché fer : Egénie semble être pour l'instant la seule entreprise désireuse de s’installer. Mais il s'agit moins de création d'emplois que d'une délocalisation de quelques centaines de mètres. Le projet de frêt ferroviaire que développerait l'entreprise Egénie laisse par ailleurs ouverte la piste d'une activité logistique sur cette zone. Pour le coup, les estimations d'emplois seront radicalement moins attrayantes.

4. Les activités de service : dans un premier temps il était question de restauration d'entreprise et de crèche. Puis il y a eu l'idée d'y implanter un complexe cinéma. Dernièrement, il y a été question d'un projet pilote de centre de loisirs aquatiques avec chauffage issu de la cogénération d'un bio digesteur. A priori, les deux dernières pistes sont effacées et la première ne serait crédible qu'à partir d'un seuil minimal d'entreprises.

 

Alternative :

Avant de prospecter, il nous paraît indispensable de valider l'opportunité d'installations industrielles. Sous cette condition, il faudrait alors veiller à construire une cohérence entre ces unités , respecter des critères d'écoconditionnalité et s'attacher à des productions respectueuses du développement durable.

 

 

 LE SPECTRE DU COMMERCE

 

Quels commerces ? Surtout ne pas faire peur aux commerçants des centres villes de Lavaur et Saint-Sulpice.

1. Une pétition a été signée par la quasi totalité des commerçants du centre ville de Lavaur. Ils y dénonçaient un projet financé par leurs impôts et qui viendrait affaiblir l'attractivité du commerce traditionnel. Cette crainte exprimée par ces professionnels n'est pas irrationnelle. Le développement des zones commerciales du Rouch et de Sagnes a déjà réduit l'activité des commerces du centre ville. Un scénario de nécrose du centre au profit de la périphérie n'est pas exclu : Saint-Sulpice en montre déjà les prémices.

2. Le patron de Leclerc possède des terres sur la zone prévue de cette ZAC. Mais c'est une simple coïncidence, il n'y aura pas de grande enseigne commerciale, nous dit-on. Nous serions trop suspicieux de croire le contraire. Alors tant pis, nous assumons cette suspicion.

3. Le document d'aménagement commercial élaboré pour le SCoT définit le projet de ZAC des portes du Tarn comme un pôle commercial potentiel. Les précautions langagières ne manquent pas : « une partie commerciale pourrait éventuellement venir s'y implanter », «accueillir le cas échéant des activités commerciales ». Avec autant de conditionnalités, nous pouvons être surpris de voir cette zone commerciale intégrée dans la première phase des travaux d'aménagement de cette ZAC ...

 

Alternatives :

Conforter le dynamisme commercial des centres villes en tant que générateur de liens sociaux entre les habitants : soutenir les initiatives d'animations du centre ville, développer la vente de produits locaux.

 

 ENVIRONNEMENT : L'OXYMORE

 

« L'écologie industrielle » est le concept mis en avant pour présenter ce projet. Le slogan « naturellement ouvert à l'activité économique » est un modèle de communication dans sa version caricaturale : l'usage d'oxymore pour dire tout et faire son contraire.

1. Le plan de déplacement doux : des parcours sportifs reliant des aires de jeux et de pique- nique, le projet est séduisant … si l'on oublie qu'ils bordent un barreau routier conçu pour un trafic routier intensifié (33 000 véhicule/jour)

2. une gestion intégrée : l'écologie industrielle déclare minimiser les impacts sur l'environnement en mutualisant les réseaux et en utilisant les déchets des uns comme ressources pour les autres. La déclaration est belle, cette ode à l'économie circulaire nous réjouit, mais la sincérité de cette formule n'est pas démontrée. Par contre, nous comprenons aisément que l'artificialisation de 200ha ne sera pas un impact mineur sur cet espace agricole.

3. La préservation de la biodiversité : si l'on en croit la plaquette de présentation, ce projet de ZAC devrait « développer les espaces écologiques ». Cette assertion est difficile à gober d'autant que l'étude d'impact relève au contraire que la biodiversité des zones humides serait gravement affectée par ce projet. Par ailleurs les mesures de compensation envisagée sont jugées insuffisantes par les autorités administratives compétentes.

 

 

 

LE FINANCEMENT : L'ARLESIENNE

 

La motivation première de ce projet serait le développement économique de ce territoire. L'économie serait donc la motivation première. Comment alors admettre que les questions financières soient éludées au point de devenir un tabou ?

1. Combien ça coûte ? Pour le savoir il faut être un adepte des opérations d'espionnage. A notre connaissance, il n'y a eu qu'une seule présentation d'un budget prévisionnel (lors d'une réunion en 2012 avec les élus de la CCTA-version réduite). Cette diapo a été, sans doute malencontreusement, écrasée dans le diaporama mis en ligne quelques semaines plus tard. Ce tableau n'aura donc existé que le temps d'une projection exclusive. Le souvenir qu'il a laissé est celui d'un tableur excel où par la magie de la comptabilité, les recettes équilibraient à l'euro près les dépenses au terme des 20 ans de cette prospective. Quels étaient les auteurs de cette « étude » ? Quelles méthodes de travail ? Quelles hypothèse concernant la fiscalité appliquée aux entreprises ?

2. Nous avons retenu le chiffre de 87 millions € qui nous a été donné par M. Chorro mais nous n'avons aucun document pour conforter cette information. La revente des lots ne couvrirait que la moitié de cette somme.

3. Les aménagements seront supportés par le Conseil général, la Communauté de communes Tarn Agout et la commune de St Sulpice, donc nos impôts. 87 Millions € d’aménagement ( 260 selon une source officieuse)  auxquels s'ajoutent 18millions € d'échangeur, et environ 8 millions € pour le barreau routier et le pont (dont un peu plus de 4 millions € pris en charge par la commune de Saint-Sulpice).

 

 

En conclusion, ce projet n'est pas équilibré donc la tentation sera grande de remplir la zone avec de l'activité commerciale, qui sera néfaste à l'économie locale, et à développer une plateforme logistique dont tous les spécialistes disent qu'elle ne crée aucun emploi.

Sommes-nous d’accord pour financer ce projet démesuré et ne répondant pas aux enjeux du développement durable de notre territoire?

Nous souhaitons qu'un tel projet puisse répondre aux exigences d'un SCOT ambitieux et soit cohérent avec une logique de territoire permettant de créer des emplois pérennes non délocalisables, en préservant un ratio terres agricoles / terres artificialisées plus raisonnable et en répondant aux enjeux du futur.

VOUS L'AVEZ FAIT. BRAVO !!!!!!!!!!, BERNARD CARAYON EST DEVENU NOTRE "DEPITE - MAIRE", EN ATTENDANT MIEUX DANS 2 ANS....